Biodiversité
Découvrez la Réserve naturelle de l'estuaire de la Seine à l'heure de la migration
Publié le
De nombreuses espèces à découvrir
Ce début de printemps est la période idéale pour les amoureux des oiseaux et les curieux de nature pour venir visiter les sentiers de la Réserve naturelle de l'estuaire de la Seine. On peut les entendre chanter plus facilement à l'aube et au crépuscule, aux moments où l'ambiance sonore est la plus apaisée. Une sortie intitulée "Le chœur de l'aube" est d'ailleurs prévue le 19 avril prochain spécialement pour apprendre à reconnaître les vocalises des différentes espèces.
Au long des sentiers
Sur le sentier du marais d'Amfard, dont le départ se fait au pied du pont de Normandie, on peut observer de nombreuses espèces liées au roselières en ce moment: le Phragmite des joncs, la Locustelle luscinioïde, le Bruant des roseaux ou encore la très photogénique Gorgebleue à miroir, que l'on repère facilement à son poitrail bleu métallisé. Il s'agit d'espèces nicheuses, qui se sont donc installées dans la réserve de retour d'hivernage et vont y rester pour toute la saison de la reproduction.
Du côté du sentier du marais du Hode, à Saint-Vigor-d'Ymonville, les observatoires permettent de contempler plusieurs espèces en migration, qui sont donc de passage mais ne resteront pas, comme le Canard souchet, la Sarcelle d'hiver, ou certains oiseaux limicoles comme le Chevalier gambette. D'autres peuvent être migrateurs ou nicheurs pour certains individus, comme la Spatule blanche ou la Marouette ponctuée. Aussi, tout au long du sentier, les nids de Cigognes blanches sont désormais occupés depuis janvier, et les pontes sont en cours. Les premières éclosions sont attendues pour la mi-avril. Des sorties dédiées intitulées "Quand les cigognes pouponnent" sont organisées les 2 mai et 7 juin prochain.
Participez à une opération de recensement
Chaque année, la Maison de l'Estuaire organise un comptage concerté afin de suivre la population de Butors étoilés sur le territoire de la réserve naturelle. L'année 2026 est particulière car le nouveau Plan National d'Action (PNA) a désigné 2026 comme année de comptage exhaustif de l'ensemble des sites en France.
Plus d'informations sur le PNA
À cette occasion, elle fait donc appel aux volontaires pour participer à cette opération de recensement, qui aura lieu sur des créneaux d'une heure, du mercredi 8 avril à l'aube au vendredi 10 avril au crépuscule (sous réserve de modification en fonction des conditions météo). Ce comptage repose sur une technique standardisée consistant à localiser les mâles chanteurs simultanément.
Consulter la fiche explicative
Si vous souhaitez participer, envoyez un mail à l'adresse elodie.remond@maisondelestuaire.org en indiquant vos disponibilités à ces dates.
Les rendez-vous sont fixés à 5h30 le matin et 19h45 le soir sur l’aire de la baie de Seine (parking du Pont de Normandie rive Nord). Il faudra vous munir de bottes et de jumelles.
Pourquoi s'intéresser au Butor étoilé ?
Cet oiseau typique des zones humides fait partie des espèces les plus menacées de France. La connaissance de sa biologie et de ses exigences écologiques est primordiale afin de cibler les actions de conservation à mener.
Tout savoir sur le butor étoilé
Le Butor étoilé affectionne particulièrement les grandes surfaces de roselières, ce qui explique que l'on en trouve dans la Réserve naturelle de l'estuaire de la Seine qui en est pourvue. Ces végétaux hauts et denses lui fournissent un abri pour construire son nid.
En France, il s'agit d'une espèce menacée dont la population nicheuse est en déclin. Cela est dû à plusieurs facteurs :
- une réduction de sa ressource alimentaire en raison d'un déficit en eau, amplifié par le changement climatique
- une évolution des roselières en d'autres types de milieux, également dûe au manque d'eau
- des perturbations du milieu de vie en raison des activités économiques et de loisirs humaines
- des dégradations de son habitat par d'autres espèces comme le ragondin ou le sanglier
Il est toutefois essentiel de préserver le Butor étoilé car il est ce qu'on appelle une espèce parapluie : cela signifie que sa préservation bénéficiera à toutes les autres espèces d’oiseaux qui fréquentent le même milieu, notamment d’autres espèces à forte valeur patrimoniale, comme la Panure à moustaches ou le Busard des roseaux que l'on retrouve également sur le territoire.
Sans compter que protéger et restaurer les zones humides, c’est investir dans les services écosystémiques essentiels à notre société : maîtrise des crues, épuration de l’eau, recharge des eaux souterraines…
Au printemps, un accueil sur le terrain
Afin de mieux accueillir les visiteurs, les équipes de la réserve délocalisent leurs permanences du weekend de mars à juin.
Ainsi, tous les samedis et dimanches après-midi, La Maison de la réserve - Salle Avocette (au pied du pont de Normandie) sera fermée. Afin d'être au plus près des visiteurs, un agent de la Maison de l'Estuaire vous accueillera au départ du sentier du marais du Hode, à côté du parking.
Vous pourrez lui poser toutes vos questions, récupérer de la documentation, ou encore emprunter le sac du petit explorateur pour une découverte ludique et pratique de la réserve.