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Les ports du Havre, Rouen et Paris fusionnent : vive HAROPA PORT !

Ce 1er juin, le cours de l’Histoire rejoint celui de la Seine : le fleuve, qui relie la région capitale à la mer, voit les trois grands ports de l’axe Seine unir leurs destins en donnant naissance au premier ensemble portuaire français. Le Havre, siège de HAROPA PORT, ouvre un nouveau chapitre de son histoire portuaire.

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Stéphane Raison a été chargé, en novembre 2020, de mettre en œuvre la fusion de HAROPA PORT dont il est aujourd’hui président. Baptiste Maurand, directeur général du port du Havre depuis avril 2019, devient directeur général délégué d’HAROPA PORT. Les protagonistes du nouvel ensemble portuaire expliquent ses ambitions et son implication sur le développement du port du Havre.

Baptiste Maurand, directeur général délégué HAROPA PORT | Direction territoriale du Havre

Comment la fusion impacte-t-elle les projets de développement havrais ?

Baptiste Maurand : La création de l’établissement unique HAROPA PORT est une grande chance pour nos trois ports. Bien sûr, nous avons dû nous réorganiser en interne pour décliner la nouvelle organisation en répondant au plus près aux besoins du nouveau siège social, tout en conservant les ressources nécessaires au fonctionnement du port… Aujourd’hui, je peux dire que nous avons su jouer collectif pour relever ce défi, et que nous continuerons à mener à bien les projets de développement havrais.

Quels sont les principaux investissements locaux ?

B. M. : Nous gardons le cap de notre programme d’investissements de 600 millions d’euros pour transformer le port et l’emmener vers l’avenir. Cette année est fertile en travaux intenses et impressionnants. Parmi les plus emblématiques, la construction des postes de manutention 11 et 12 de Port 2000 : un chantier titanesque dont la livraison, prévue mi-2022, contribuera à améliorer l’accueil au Havre des plus grands navires du monde.

« L’achèvement de Port 2000 permettra d’augmenter notre capacité à traiter des volumes de conteneurs et renforcera la place de HAROPA PORT au sein des corridors portuaires et maritimes internationaux. »

Autre grand chantier, la réalisation du projet de chatière afin de permettre un accès des barges fluviales à Port 2000. L’objectif est ici de développer le recours au fleuve, en facilitant le transfert des conteneurs depuis et vers les terminaux maritimes. Après une réunion publique organisée le 31 mars dernier, l’enquête publique devrait se tenir à l’automne pour un démarrage des travaux en 2022. Évoquons aussi les projets de développement de parcs logistiques et de terrains propices à la réindustrialisation du territoire. De nouveaux logisticiens s’implantent sur la zone portuaire, un phénomène bien visible quand on accède au Havre par le pont de Normandie.

Où en est le chantier de l’usine d’éoliennes sur le port ?

B. M. : La construction de l’usine Siemens Gamesa avance à grand pas. Nous venons de lancer les travaux d’ouvrages maritimes pour les quais Hermann-du-Pasquier et Joannès-Couvert. Pour le port, c’est un investissement de 123,6 millions d’euros, et une grande fierté : celle d’accueillir une filière durable en plein développement !

Comment imaginez-vous le port du Havre dans dix ans ?

B. M. : Le Havre est né de son port. L’Histoire qui dure depuis plus de 500 ans montre que cette place portuaire a su prendre des virages. Aujourd’hui, c’est avec les ports de Paris et de Rouen que nous prenons celui de la transition énergétique. Ou plutôt, continuons à le prendre car notre port est depuis longtemps un acteur majeur de la transition écologique : pour preuve, 25 % de notre domaine est consacré à l’environnement. Cette politique volontariste sera poursuivie à travers le nouvel établissement portuaire unique : notre objectif est bien de limiter l’empreinte carbone de nos quais et terminaux, mais aussi des activités situées sur nos territoires.

« Demain HAROPA PORT sera la première ligne de l’ambition maritime et portuaire française : celle de l’écologie, de l’énergie verte et des nouvelles voies de croissance industrielle. »

Accompagner la transition écologique et la décarbonation des ports dépend également de notre investissement dans la transition numérique. Nous sommes, là encore, engagés dans cette démarche depuis plusieurs années. Demain, HAROPA PORT sera aussi un acteur majeur en matière de recherche et de développement dans le domaine portuaire et logistique, capable de garantir un service fiable, performant et sécurisé à ses clients grâce à une technologie de pointe.

Des chantiers pour l'avenir

  • Parachèvement de Port 2000 :
    • Construction des postes 11 et 12 : 154,5 M€
    • Création de « la chatière » : 125 M€
  • Accueil de l’éolien off-shore : 123,6 M€
  • Extension du Terminal roulier : 12,3 M€
  • Développement des Terminaux Nord (quais Atlantique et Amériques) : 85 M€
  • Aménagement du Parc logistique du pont de Normandie 3 : 15 M€
  • Développement de la Croisière : 31,5 M€
  • Aménagement de l’échangeur A29 – route industrielle : 25 M€