Tourisme
Le pôle croisières nommé Verrazzano
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Situés pointe de Floride, les nouveaux terminaux de croisière renforcent l’attractivité du port du Havre sur le marché européen, dans un contexte de développement soutenu du trafic passagers. Porté par la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole et HAROPA PORT, le projet repose sur un modèle renouvelé de gouvernance et de financement, structuré autour du Groupement d’Intérêt Public (GIP) Le Havre Croisières. Outil commun des partenaires publics, le GIP assure le pilotage et l’exploitation de l’activité croisière, le dialogue avec les compagnies maritimes et contribue directement au financement des nouveaux terminaux, à hauteur d’environ 50 %. Ce projet comprend la construction de trois nouveaux terminaux ainsi qu’un programme d’aménagement de la pointe de Floride visant à renforcer le lien entre le port et le centre-ville du Havre.
LH / NYC
Donner le nom d’un grand explorateur au pôle croisières n’a rien d’anodin et porte haut la symbolique d’un site tourné vers le large et d’un port qui a été le point de départ de grandes expéditions navales. Parmi celles-ci, la découverte de New York par un navigateur toscan missionné par le roi de France au XVIe siècle est tout à fait singulière.
Six ans après la création du Havre de Grâce par François Ier, le Florentin Giovanni da Verrazzano est chargé de porter les couleurs du roi dans la course vers les Indes. Architectes, artistes, aventuriers, nombreux sont les talents italiens parmi lesquels François Ier recrute les artisans au service de la grandeur renaissante du royaume. Combinées au génie nautique et à l’art des affaires toscan, les puissances financières lyonnaise et rouennaise préparent une expédition vouée à découvrir cette route vers la Chine, qui pourra concurrencer les circuits commerciaux tributaires d’un cap de Bonne-espérance aux mains des Portugais.
Niew Amsterdam
Le 23 mars 1523 débute alors le périple de Verrazzano depuis Le Havre, où il a armé quatre navires, dont La Dauphine, nommée en l’honneur du Dauphin François né en 1518. Navigateur, homme d’affaires au service du roi – il conclut un contrat avec cinq puissants marchands qui financent l’expédition -, le capitaine n’a pas la quarantaine, mais est déjà bien aguerri. Cependant, essuyant des conditions météorologiques défavorables, l’expédition perd deux navires et doit faire étape en Bretagne puis à Madère. La Dauphine s’élance finalement seule depuis l’île le 18 janvier 1524, avec 50 hommes à son bord et huit mois de vivres.
Elle atteint la côte du continent nord-américain au printemps, la longe en direction du nord avant d’accoster. Verrazzano baptise Arcadie le rivage de cette terre, dont la beauté des arbres lui inspire cette référence au paysage idyllique de la Grèce. Quand il découvre la baie de Chesapeake (Virginie), il croit avoir atteint son but, mais elle ne recèle pas le fameux passage vers le Pacifique. Toutefois, le 17 avril 1524, une nouvelle baie donnant accès à un vaste estuaire est reconnue et ses abords sont dénommés « Angoleme », en hommage au commanditaire de l’expédition - François Ier possédait le comté d’Angoulême avant de devenir roi.
Après 4 000 km d’exploration jusqu’à Terre-Neuve, sans avoir pu trouver le passage vers l’ouest, La Dauphine achève son périple par 41 jours de traversée jusqu’à Dieppe. Dès l’arrivée le 8 juillet 1524, encore à bord, Verrazzano écrit au roi tout ce qu’il a découvert, décrit les côtes explorées, auxquelles il associe des toponymes français, normands et florentins, dont aujourd’hui seul subsiste « Rhodes Island ». La Terre d’Angoulême devint plus tard Niew Amsterdam, puis New York en 1664, au gré des colonisation de peuplement.
Verrazane ou Nouvelle France
Cette première expédition n’avait pas abouti au miracle commercial que les investisseurs espéraient, mais était prometteuse. Les financiers programmèrent de nouveaux voyages, toujours au départ du Havre, dont les registres de tabellionage rouennais gardent trace. Verrazzano passe contrat le 11 mai 1526, pour recruter le navire La Barque de Fécamp en vue du voyage qui compte trois bateaux. Si lors de la première expédition les Indes n’ont pas été gagnées par l’ouest, Verrazzano met alors cap vers le sud. De l‘expédition, seul un des trois navires parvient à passer le cap de Bonne-espérance et à rallier Sumatra. Le Florentin rebrousse chemin vers le Brésil puis rentre en France. Son ultime voyage, au départ de Dieppe le 17 mars 1528, le destine aux Antilles. Le cosmographe André Thevet révèle qu’il y périt, victime d’Indiens anthropophages, dont la figure fantasmée parvient jusqu’au Havre, où le marché se tient sur la place des « Cannibales ».
Giovanni da Verrazzano avait un frère, Girolamo, a qui incomba de dresser les cartes à partir des notes prises durant l’expédition de 1524. Exposé aux musées du Vatican, le Grand planisphère qu’il signe en 1529 légende en italien l’héritage de l’explorateur, définitivement associé à la toute première mention de l’expansion française en Amérique : « Verrazane ou Nouvelle France, découverte il y a 5 ans par Giovanni da Verrazzano le Florentin, par ordre et commandement du très chrétien roi de France ».
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