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Exposition, Grand Rendez-vous

Nuits électriques

Siècle majeur de transformations, le XIXe siècle voit le paysage nocturne évoluer radicalement avec l’apparition de l’éclairage artificiel. Longtemps obscure, la nuit s’illumine progressivement, se parant d’ambiances plus variées. Jeux d’ombres et de lumières, clair-obscur, contre-jour, premières publicités au néon… un nouvel éventail d’expériences visuelles apparaît, teinté d’une magie et d’une poésie propre au monde de la nuit.
Entre fascination, admiration, curiosité et nostalgie, ces métamorphoses nocturnes marquent fortement les artistes. Partout en Europe, peintres, graveurs, photographes, les plus ouverts aux manifestations de la modernité, en font un sujet de prédilection. Avec Nuits électriques, le MuMa explore pour la première fois cette question de la perception de l’éclairage artificiel urbain par les artistes de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale.

Public : Tout public

Tarif : 10 € (plein), 6 € (réduit)

Adresse : MuMa - Musée d'art moderne André Malraux - Le Havre

Au fil d’un parcours riche de 150 œuvres et 71 artistes, des peintres français majeurs tels Monet, Pissarro, Vallotton, Toulouse-Lautrec, Steinlein, Bonnard, van Dongen, Sonia Delaunay… côtoient leurs homologues européens moins connus du public français comme le Suédois Eugène Jansson, le Britannique Atkinson Grimshaw, le Polonais Jósef Pankiewicz ou encore l’Espagnol Darío de Regoyos. Leurs représentations de ces nouvelles expériences lumineuses révèlent en creux, leurs préoccupations au cœur d’une période de profonds bouleversements. Ainsi réunies, ces œuvres invitent à réfléchir, plus largement, à notre rapport intime à la nuit, tout en offrant une matière toute contemporaine à notre méditation.

Le réverbère, icône de la « ville lumière »


L’arrivée de l’éclairage urbain modifie fortement l’apparence des centres-villes. De nouvelles silhouettes apparaissent : celles des réverbères, becs à gaz et autres globes électriques qui illuminent les rues des grandes villes. Les artistes, sensibles à ces transformations, intègrent ces nouveaux motifs à leurs compositions en leur réservant bientôt une place en majesté. La grande variété des formes des réverbères est quant à elle somptueusement révélée par la première série photographique que lui consacre Charles Marville. Le réverbère devient un symbole de modernité et une icône de la « ville lumière ».


Un paysage nocturne encore très contrasté


Malgré l’apparition de l’éclairage artificiel, l’ambiance de la nuit reste contrastée. L’obscurité demeure par endroits. Au Paris lumineux s’oppose un Paris ombreux, celui des quartiers populaires, de la périphérie, où l’éclairage est beaucoup plus rare, inégal et discontinu. Selon leur sensibilité, les artistes restituent la flamboyance des quartiers du Paris festif et marchand, tandis que d’autres s’attachent à évoquer la noirceur des bas-fonds.

 

Nouvelles expériences visuelles


La traversée nocturne de la ville engendre des expériences visuelles nouvelles et variées auxquelles, les artistes qui mettent la lumière au centre de leurs préoccupations, ne peuvent rester indifférents. Chaude ou froide, aveuglante ou douce, fixe ou mobile, la lumière, qu’elle soit au gaz ou à l’électricité, varie et modifie son environnement. Les rues lumineuses jouxtent d’autres plus sombres, et la Ville Lumière se révèle beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Bientôt la nuit deviendra colorée sous l’effet des premiers néons publicitaires.

 

Rêveries nocturnes


Mais les métamorphoses de la nuit n’engendrent pas qu’enthousiasme et fascination chez les artistes. L’effacement progressif de l’obscurité naturelle sous l’effet des lumières électriques de plus en plus présentes devient une source d’inquiétude pour certains. Dès lors, les symbolistes inventent une ville imaginaire, faite d’obscurité et de silence, où la nuit redevient un espace de rêverie.


Les nocturnes photographiques


Dans les dernières années du XIXe et au début du XXe siècle, la photographie puis le cinéma ouvrent une nouvelle voie dans la représentation de la nuit. Les jeux de contrastes permis par la lumière artificielle offrent aux photographes une opportunité inédite de capter la vie nocturne. Les premiers cinéastes quant à eux, disposent avec l’électricité d’un outil unique pour développer leurs techniques. Pour autant, ils devront avoir recours au subterfuge de la nuit américaine pour représenter les scènes nocturnes.

 

La lumière consacrée / la lumière en majesté


À la veille de la Première Guerre mondiale, l’éclairage électrique s’est imposé partout, même si le gaz continuera encore à alimenter les réverbères pendant l’entre-deux-guerres. Fascinés par toutes les manifestations de la vie moderne, les artistes d’avant-garde regardent alors la nouvelle lumière en face, pour en saisir jusqu’à l’éblouissement l’énergie pure. Les oeuvres se déconstruisent, et deviennent alors d’abstraits jeux de couleurs à l’instar du prisme lumineux.

 

 

Cette exposition est organisée dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste 2020.
Elle s’inscrit dans la programmation d’Un Eté Au Havre 2020, saison estivale culturelle sous la direction artistique de Jean Blaise et coordonnée par le GIP Un Eté Au Havre.
Exposition réalisée avec le soutien exceptionnel du Musée d’Orsay et avec le concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France.

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MuMa - Musée d'art moderne André Malraux - Le Havre